Le jeu a jeté Tsuneko à la rue. Ayant provoqué une perte énorme, elle divorce, vivote quelques années par elle-même pour finalement perdre son travail à cause de problèmes de santé. Comme elle habitait sur son lieu de travail elle perd du même
coup son logement. Finalement elle échoue à la gare centrale d'Umeda à Osaka et comble de malchance on lui vole son sac avec tout son argent. La première nuit un groupe de sans-abris lui explique comment
utiliser les cartons pour dormir. Elle installe sa "boutique" de cartons dans un passage glauque, bordé de bars borgnes où les cols blancs viennent s'enivrer après un journée de boulot. Elle dessine des "geishas" et ça marche: les gens les payent 1000 yens pièce. Puis ce sont les poèmes. Le succès vient rapidement. Dès le 10ème jour elle s'arrange pour pouvoir passer la nuit dans un "fast-food" ouvert 24 heures sur 24. Finalement les médias remarquent sa présence ; dans
une folie temporaire typiquement japonaise elle a jusqu'à quatre
interviews par jour! Pourtant malgré tout ce succès Tsuneko continue de
passer ses nuits dans le "fast-food". La plupart des passants sont des employés de bureau ivres
et beaucoup d'entre eux ont une attitude déplaisante. Bien entendu Tsuneko n'est pas une sans-abris ordinaire: avec son talent, sa volonté et de la chance elle a obtenu un statut inconnu des autres sans-abris. Mais la vie de la rue est dure, sa santé est vacillante et la solitude la fait souffrir de plus en plus. Son plus grand rêve est de refaire un voyage en Europe quand elle touchera les droits de son livre.
Osaka 1997
Tsuneko est décédée le 05/08/2003 à l'aube
des suites d'un cancer. |